Longtemps, je n’ai su fonctionner et aimer qu’à travers le sacrifice. J’étais habitée par la nécessité d’être utile, voire irréprochable, comme si je devais sans cesse mériter ma place : aider spontanément, toujours dire oui… et pourtant me sentir profondément mal à l’aise dès qu’il s’agissait de recevoir.
S’effacer pour exister
On m’a fait comprendre très tôt qu’il fallait servir : être gentille, sage, invisible, ne pas déranger. Ce retrait n’était pas que mental — à l’âge de quatre ans, je me suis physiquement recroquevillée. Un simple poème à réciter devant la classe devenait un calvaire. J’ai construit mon armure.
Le conflit familial a accompagné toute ma vie. J’ai appris à me sur-adapter, développé une hypersensibilité qui me permettait d’anticiper chaque montée de tension, et renoncé à mes besoins comme à mes envies. S’effacer pour exister dictait ma route.